Le joint congé

Caractéristiques

Le joint congé est constitué d’une résine époxy additionée de charges, appliquée dans l’angle formé par les pièces à assembler.

Cette méthode de liaison est idéale pour les assemblages non-orthogonaux, tels que les liaisons pont/coque ou cloisons/bordé. Elle permet un gain de temps important, car la construction est simplifiée du fait de l’absence d’ajustages complexes ; la mise en oeuvre est simple, et ne nécéssite qu’un très court apprentissage ; enfin, la résistance est bien souvent meilleure qu’avec une structure traditionnelle, car la liaison est plus résistante que les pièces elles-mêmes.
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Le joint congé peut être structurel ou non-structurel, suivant les charges utilisées.

Les microfibres permettent d’obtenir des joints à haute ténacité et densité élevée, généralement utilisées dans des applications structurelles.
Les microsphères augmentent le volume du mélange et permettent d’obtenir des joints congés de grand rayon pour le même poids, mais ne peuvent être utilisée dans des endroits fortement sollicités que recouvert d’une stratification.
La silice colloïdale est un agent thixotropique puissant, c’est à dire qu’elle augmente la viscosité du mélange de manière importante, permettant de réaliser des joints congés sur des cloisons ou à l’envers sans qu’ils ne fluent.

Les composants sont mélangés jusqu’à l’obtention de la consistance souhaité. En général, une consistance semblable à celle du beurre de cacahuète semble idéale.

Mise en œuvre

Les pièces à assembler sont ajustées et immobilisées provisoirement dans leurs positions respectives par divers moyens : pistolet à colle chaude, clous, agrafes, epoxy rapide, serres-joints, cales, serres-cables en plastique, fil de cuivre, et sans doute d’autres, uniquement limités par vos besoins et votre imagination.

Il est recommandé d’utiliser du ruban adhésif de masquage pour délimiter la zone du joint congé : une bonne finition sera ainsi plus facile à obtenir. Comme pour n’importe quel collage, il est important de s’assurer que les surfaces soit propres, dépoussiérées et sans graisse. Appliquer rapidement le mélange sur la longueur du joint congé, sans se soucier de réaliser quelque chose de parfait ; l’important est de vider le pot de mélange pour éviter toute réaction exothermique.

On peut alors mettre le joint congé en forme à l’aide d’un outil adapté : une spatule en bois ou mieux en plastique rigide (la résine polymérisée s’en détache facilement) dont une extrémité aura été arrondie au rayon préconisé. D’autres outils peuvent faire l’affaire, certains se servent même de cuillères ! Si vous n’avez pas mis d’adhésif de protection, vous devrez récupérer l’excès de mélange qui se dépose sur les côtés du congé. Le rayon du joint congé peut être modifié en inclinant la spatule, ce qui peut être utile lorsque l’angle d’assemblage varie.

Pour accroître la ténacité du joint, celui est généralement renforcé d’une stratification de fibre de verre. Il est bien plus pratique d’effectuer celle ci alors que le joint congé n’est pas encore polymérisé. Cela permet d’une part d’appliquer facilement la fibre de verre sur des surfaces verticales ou à l’envers, et d’autre part la liaison de la fibre de verre sur le joint congé est chimique, alors qu’elle ne serait que mécanique après la polymérisation. Si toutefois il n’est pas possible de réaliser la stratification à temps, on devra poncer puis dépoussiérer le joint congé avant de le stratifier.

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